Le concept de décroissance rencontre un écho important dans le débat public pour différentes raisons, problématiques, et conjonctures :
Épuisement des ressources énergétiques : pétrole (pic pétrolier mondial arrivant entre 2008 et 2040 selon les prévisions des compagnies et des gouvernements), gaz (70 ans), uranium (entre 50 et 220 ans), charbon (200 ans) (au rythme actuel de consommation) ou qui serait déjà passé en 2005 selon Colin Campbell de l'ASPO.
Raréfaction de nombreuses ressources minières : indium, nickel, cobalt (ces deux derniers éléments entrent dans la composition de l'acier), cuivre, iridium, etc.
Dégradation de l'environnement : effet de serre, dérégulation du climat, perte de la biodiversité, pollutions diverses. Corollaire : dégradation de la santé des populations. Stérilité, allergies, malformations, troubles mentaux et augmentation du cancer en France de 63 % de 1980 à 2000 (280 000 cas, dont seuls 30 % sont imputables au tabac et à l'alcool), bien que le vieillissement de la population soit aussi un facteur multiplicateur.
Évolution du mode de vie des pays développés : transports, traitement des déchets, alimentation (obésité dans les pays développés, malnutrition dans les pays pauvres). Exploitation des ressources des pays du Sud au profit de ceux du Nord, ressources énergiques et minières, et ressources agricoles (plantes fourragères). Exploitation parfois considérée comme « néo-coloniale » ou « post-coloniale ».
Problème de l'empreinte écologique (en hectares) du mode de vie d'un européen moyen (c'est-à-dire la surface estimée nécessaire pour produire ses ressources consommées et pour absorber ses déchets et pollutions). Les estimations montrent qu'il faudrait entre 3 et 8 planètes Terre pour que la population mondiale puisse vivre à la manière d'un européen.
Crise d'autres explications de la crise écologique, telles que le marxisme. Le fait que les pays qui se réclamaient du marxisme ne protégeaient pas mieux la planète que les autres pays menait à la conclusion que le marxisme était incapable de proposer une solution à la crise écologique.
Le concept de décroissance tente de montrer qu'augmenter constamment la production de biens et services augmente nécessairement la consommation des ressources naturelles, ne faisant donc qu'accélérer le moment de leur épuisement complet. Il tente de montrer aussi que la dématérialisation de l'économie, espérée par les partisans de la croissance, est un leurre.
Pour certains de ses partisans, la décroissance sera, tôt ou tard, imposée par la raréfaction des ressources naturelles, en particulier des ressources en énergie (pétrole, gaz, charbon et uranium). Selon Yves Cochet, « On a pas à choisir si l'on est pour ou contre la décroissance, elle est inéluctable, elle arrivera qu'on le veuille ou non » . La question est donc selon eux de la choisir maintenant afin d'enrayer les risques qui peuvent survenir dans un futur assez proches : pénuries, pics de l'énergie ou tensions géopolitique qui pourraient en découler, ou d'attendre que ces évènements arrivent pour la choisir. C'est dans cette logique qu'ils critiquent vivement la classe politique contemporaine qui considère la croissance comme la solution aux problèmes actuels de société, alors qu'elle en serait la cause.